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Les paresseux du Costa Rica ou si la Pura Vida était un animal
Rencontre avec les deux espèces qui font vibrer la forêt tropicale
En bref : Animal emblématique du Costa Rica, le paresseux fascine par sa lenteur et son mode de vie unique. Deux des sept espèces présentes en Amérique y vivent : le paresseux à deux doigts et le paresseux à trois doigts, chacun avec ses particularités.
Les paresseux du Costa Rica
Bien que les deux types de paresseux costariciens se ressemblent, ils ont d’importantes différences dans leur anatomie, leur tempérament et leurs besoins. Leur point commun ? Ils sont lents et passent leurs temps accrochés en haut des arbres où ils trouvent protection, eau et alimentation.
Voici toutes les informations pour admirer intelligemment ces adorables bêtes lors d'un séjour au Costa Rica.
Les plus souriants : les paresseux à trois doigts
Les paresseux à trois doigts sont généralement diurnes, mais il est fréquent de les voir actifs aussi la nuit. Ils ont trois doigts sur ses pattes avant et arrière. Ses yeux sont cernés d’un bandeau noir et son « sourire » est souvent utilisé pour illustrer la « Pura Vida » costaricienne : accroché à sa branche, à l’ombre des feuilles, l’air tranquille et apaisé.
Ce sont pourtant des animaux très vulnérables, dont la survie dépend fortement de la préservation de leur habitat.
Leur pelage est gris, parsemé de poils noirs et blancs, offrant un excellent camouflage dans la canopée. Ils sont dotés d’un organe sexuel interne mais on peut distinguer les mâles des femelles grâce à leur toison dorsale : un mâle adulte a une tache orange divisée par une ligne marron dans le dos alors que les jeunes mâles ou les femelles ont une tâche blanche zébrée de noir.
Les paresseux à trois doigts se déplacent très lentement et passent la majeure partie de leur vie suspendus aux arbres, ne descendant que rarement au sol. Leur régime alimentaire est essentiellement composé de feuilles, en particulier celles de certains arbres comme les Cecropias, ce qui les rend plus spécialisés que les paresseux à deux doigts.
On les trouve le plus souvent dans des zones proches du niveau de la mer, côté Pacifique comme le Corcovado et sur la côte Caraïbes, notamment autour de Cahuita.
Les mieux peignés : les paresseux à deux doigts

Les paresseux à deux doigts sont nocturnes, mais il est possible de les voir actifs aussi en journée. Cette particularité rend leur observation plus discrète de jour, mais particulièrement intéressante lors de sorties nocturnes encadrées.
Ils possèdent deux doigts sur leurs pattes avant, mais trois doigts sur leurs pattes arrière (un détail anatomique souvent méconnu). Leur identification reste assez simple grâce à leur nez large et arrondi, rappelant celui d’un petit cochon, ainsi qu’à leur pelage blond à brun clair, souvent ébouriffé, comme coiffé par le vent. Leur allure leur donne un aspect plus “sauvage” que celui des paresseux à trois doigts.
Les paresseux à deux doigts présentent également une mobilité légèrement supérieure et se montrent un peu plus actifs lors de leurs déplacements dans les arbres. Leur régime alimentaire est plus varié : en complément des feuilles, ils consomment des fruits, des fleurs et parfois de petits insectes, ce qui les rend moins dépendants d’une seule espèce d’arbre.
L’identification du sexe reste difficile, celui-ci étant dissimulé dans leur fourrure. Contrairement aux paresseux à trois doigts, aucune marque dorsale distinctive ne permet de les différencier facilement.
Ces paresseux se rencontrent plus fréquemment en altitude ou dans des régions au climat tropical plus frais, comme La Fortuna, Santa Elena ou Monteverde. Ils affectionnent particulièrement les forêts humides et brumeuses, où leur pelage plus dense offre une meilleure protection contre les variations de température.
Observation et protection des paresseux
Observation dans le milieu naturel

Au Costa Rica, la principale menace pour les paresseux sont les hommes (déforestation, urbanisation, trafic routier, câbles électriques) ou encore les chiens, les boas constricteurs et les félins, dès lors que les paresseux descendent de l’arbre pour faire leurs besoins ou changer d’arbre.
Leur lenteur est un moyen pour eux de survivre dans les forêts tropicales : ce sont les rares animaux capables de rester suspendus dans des positions que d’autres mammifères jugeraient inconfortables, pendant des heures. Leurs pattes et leurs griffes sont d’une puissance qui leur permet de ne jamais tomber même une fois endormis. Ils survivent grâce à leur digestion lente et à leur capacité à dépenser peu d’énergie. Ils ont peu de besoins en termes de nourriture : moins de 200 grammes de feuilles par jour et chaque repas requiert 30 jours de digestion. Ils descendent de leur arbre une fois par semaine pour faire leurs besoins qui servent d’engrais à leurs écosystèmes.
La couleur de leur pelage est un excellent camouflage. Ils ne peuvent pas réguler leur température eux-mêmes et dépendent du climat pour cela. Lorsqu’il fait très humide, leur toison peut même virer au vert avec les algues qui s’y invitent. Ces algues font également partie de l’alimentation des paresseux, elles sont plus nutritives que les feuilles. Elles poussent grâce à un autre invité du pelage du paresseux : des petits papillons qui se nourrissent et pondent leurs œufs dans les excréments de leur hôte. C’est un cycle continu. Ils portent sur eux une partie de la faune et la flore exubérantes de la jungle.
En parcourant les sentiers des différentes réserves naturelles et parcs nationaux des Caraïbes à la péninsule d’Osa, et en cherchant dans la cime des arbres, il est possible d'apercevoir sans grande difficulté des boules de poils grises ou beiges : ce sont des paresseux. Ils choisissent souvent les arbres de Yos (Sapium laurifolium) ou les Cecropias dont ils mangent les jeunes feuilles. Aussi, ce sont de très bons nageurs, ne soyez pas étonné de les voir traverser la mangrove ou de faire une petite baignade hors des sentiers battus.
Observation dans les refuges

Pour pouvoir les observer de près, il est intéressant d'aller visiter l’un des nombreux refuges du pays qui recueillent les animaux blessés (iguanes, singes, crocodiles, toucans, perroquets, tortues), les soignent et si possible les relâchent. Il est souvent faisable d’avoir une visite guidée, parfois même avec un guide naturaliste francophone pour connaître les anecdotes et les modes de vie de chaque pensionnaire du centre.
L’argent versé pour l’achat du billet d’entrée participe directement à leur fonctionnement puisque la plupart du personnel est bénévole et l’argent est utilisé pour acheter des soins et de la nourriture pour les animaux. Au Costa Rica, les zoos sont interdits, ces refuges sont donc les seuls endroits où il est possible d’observer des animaux en cage, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays d’Amérique centrale ou d’Amérique latine.
Gardez bien à l’esprit que ce sont des animaux sauvages, les photos et selfies qui peuvent circuler sur internet de personnes portant un paresseux leur sont nuisibles. Le contact avec des humains est une source de stress et même s'ils ont l’air de « sourire », ils n’ont pas les muscles pour afficher d’autres expressions faciales, c’est donc leur pose naturelle. Pour les véritables amoureux de la nature, participer à l’écotourisme c’est laisser les animaux à leur place au cœur de la nature sauvage.
Le saviez-vous ?
Les paresseux font partie de la famille des xénarthres, présents sur le continent américain. Ils sont donc cousins des fourmiliers et des tatous.
Et pour observer les paresseux en toute tranquillité, mieux vaut préparer son voyage en amont : adaptateur électrique, vaccins, assurance voiture et budget sont autant d’éléments essentiels pour profiter pleinement du Costa Rica… à un rythme aussi serein que celui d’un paresseux.
Mis à jour le 05/05/2026