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A la conquête du Chirripó, point culminant du Costa Rica
Pura Vida à 3 820 mètres d'altitude
En bref : Bienvenue dans la sierra de Talamanca, cordillère qui coupe le sud du pays en deux. D’un côté se développent les plaines de la côte caraïbe, et de l’autre, les montagnes plongent presque directement dans l’océan Pacifique. Deux parcs nationaux viennent flanquer cette chaîne de montagnes : le parc international de La Amistad (partagé avec le Panama) et le parc national du Chirripó qui protège à son tour le point culminant du Costa Rica.
On enfile ses chaussures de randonnée et direction des sentiers époustouflants pour profiter d’un paysage à couper le souffle. À l’assaut du Chirripó !

Le parc national du Chirripó
Le parc national du Chirripó se trouve dans la cordillère de Talamanca. Chirripó est un mot cabécar qui signifie « Terre des eaux éternelles ».

Ce parc national a vu le jour en 1975 et a été créé pour protéger d’une part les paysages de montagnes costariciens, la végétation et les animaux de montagnes, et d’autre part pour protéger les rivières et les fleuves qui prennent source dans les montagnes. Le parc comprend aujourd’hui près de 50 000 hectares.
Attention, même si le Costa Rica est un pays doté de nombreux volcans (comme l'Arenal, le Rincón de la Vieja ou encore le Poás), le Chirripó n’en est pas un et ne comporte aucun cratère. L’élévation de la cordillère de Talamanca tient son origine de la tectonique des plaques.
Le parc s'étend sur plusieurs niveaux et héberge donc plusieurs biotopes : on évolue au fur et à mesure de l'ascension dans de la forêt tropicale luxuriante et pluviale de basse altitude (1 000 - 1 500 mètres), dans de la forêt de nuages (« Cloud forest », une forêt d’altitude dans laquelle s’accrochent les nuages et la brume, même biotope que l’on retrouve à Monteverde) entre 1 500 et 3 000 mètres, et finalement dans un écosystème assez rare, le « páramo » : de la végétation tropicale d’altitude.1
Au sommet, nuages et paysages époustouflants sont au rendez-vous : vue sur la côte caribéenne et sur la côte Pacifique (uniquement en cas de beau temps selon la légende), vue sur les lacs d’origine glaciaire, sur le páramo et sur les moraines entourant le sommet.
Bon à savoir : atteindre le sommet est plus facile en saison sèche ! Auparavant, le parc était fermé au public en saison des pluies. Aujourd’hui, la visite du parc se fait tout au long de l’année.
Pour rejoindre San Gerardo de Rivas et le Chirripó
Il existe différents moyens de transports pour se rendre jusqu'à ce parc national :
- En transports en commun, il faudra prendre un premier bus pour San Isidro del General. À ce point, il faudra prendre un autre bus ou un taxi pour rejoindre San Gerardo de Rivas qui se situe à une demi-heure de là.
- En véhicule 4X4, rien de plus facile depuis San José : on prend la Panaméricaine, on passe par le Cerro de la Muerte puis on bifurque à San Isidro del General pour remonter dans les montagnes.
- Il y a un petit aérodrome à San Isidro del General pour les plus pressés. Il faudra tout de même rejoindre San Gerardo de Rivas en bus ou en taxi.
Le páramo, c’est quoi ?

Il intrigue, il fascine, mais qu’est-ce donc le páramo ? En espagnol, ce mot signifie « plateau » ou « lande ». C’est en réalité un biotope d’altitude que l’on retrouve dans la cordillère des Andes et en Amérique centrale, entre la limite des forêts (à partir de 3000 - 3200 mètres d’altitude) et des neiges éternelles (qui ne sont pas présentes au Costa Rica). C’est un biotope que l’on retrouve uniquement au Costa Rica (dans les parcs nationaux du Chirripó et de La Amistad, dans la sierra de Talamanca), au Panama (volcan Barú), en Colombie, en Equateur et au Venezuela. Le páramo se caractérise par une végétation composée de touffes d’herbes, de fleurs, d’orchidées et d’arbustes nains qui atteignent un taux d’endémisme exceptionnellement élevé. Près de 60 % de la végétation y sont endémiques du fait même des conditions climatiques extrêmes dues à l'altitude (pression, rayonnement UV, vents, pluies, humidité, etc.).
C’est un des incontournables pour les amoureux de la nature : on y découvre un biotope typique d’Amérique latine. Il faudra par contre pour cela s’accrocher et monter jusqu’au páramo du parc qui débute à 3 200 mètres d’altitude ! Courage.
La faune à croiser lors de l'ascension
Du fait même que le parc s'étend sur plusieurs niveaux, plusieurs espèces d’animaux peuvent s'observer, dépendant de l’altitude. On y croise ainsi bien évidemment de nombreuses espèces d’oiseaux et notamment le quetzal qui évolue et niche dans la forêt tropicale de nuages (en altitude donc, à partir de 2 000 mètres). Les toucans et ses diverses espèces sont aussi de la partie. On retrouve au début du parc singes et autres mammifères : il est possible de croiser, avec beaucoup de chance, le fourmilier, le paresseux, mais aussi plusieurs types de félins, notamment le puma ou le jaguarundi. Le páramo, quant à lui, accueille une faune réduite composée uniquement de petits rongeurs et de petits mammifères adaptés à cet environnement extrême. Quelques reptiles y évoluent également.
Différents accès : comment visiter le parc ?

Le parc compte plusieurs entrées et sentiers pour en profiter:
- San Gerardo de Rivas : (6 à 8 heures de marche / difficulté moyenne - haute) le guide n'est pas obligatoire, c'est l’accès le plus commun et facile.
- San Jerónimo: (15 Km / 6 à 8 heures de marche / difficulté moyenne-haute) le guide est obligatoire. Très peu fréquenté des touristes.
- Herradura : (30 Km / difficulté extrème) le guide est obligatoire. Très peu fréquenté des touristes.
Le parc compte également deux refuges : Albergue Base Crestones et celui de « Indian’s Pass » ou « Paso de los Indios ». Le premier est un refuge avec toutes les commodités : toilettes, lits avec literie, douche (eau froide), service de restauration. Le second, quant à lui, est une petite cabane où il vous faudra amener votre sac de couchage.
En réalité, le processus de réservation du Chirripó est assez compliqué en soit : il faut réserver trois mois à l’avance, faire un virement bancaire sur l’un des comptes du parc national pour bloquer l’entrée (un quota limité de visites est établi) et réserver le refuge. Par ailleurs, certaines voies (Cerro Ena, Cerro Urán) sont accessibles uniquement accompagné d’un guide naturaliste, ce qui complique l’organisation.
Une autre option est de faire l'aller retour dans la journée en partant à 3 h du matin. Avis aux amateurs.
Différents services sont proposés par le parc : eau potable, logement en auberge, guide, portage d’équipement, prêt de matériel, etc.
Horaires d'ouverture du bureau administratif qui se trouve à San Gerardo de Dota (inscription à l'entrée du parc) : Tous les jours de 8 h à 12 h et de 13 h à 16 h. L'inscription physique préalable au bureau administratif du parc est obligatoire pour y accéder pendant les heures d'ouverture.
Heures d'ouverture du parc : Tous les jours, le matin uniquement de 3 h à 10 h (seulement accessible aux lève-tôt).
Il s'agit d'une ascension très sportive, ce n'est pas une promenade de santé accessible à tous. Il faut être en bonne santé, sans problème cardiaque, à éviter si vous sortez d'un intervention médicale.
Equipement nécessaire : Une gourdes, des chaussures de montagnes (pas neuves), bâtons de marche, vêtements chauds, gants, bonnets, lunettes de soleil, jumelles, lampe torche, trousse de secours.
Et bien évidemment, l’équipe du Réseau se tient à disposition pour vous aider dans la préparation de votre voyage (et l’organisation de l’ascension).
Plan B si la réservation du Chirripó est compliquée

De nombreuses réserves privées se trouvent sur les flancs de la cordillère de Talamanca et aux alentours de San Gerardo de Rivas. Si vous n’avez pas le temps d’organiser une excursion complète au sommet, ou bien que l’organisation est trop compliquée, il est tout à fait possible de se tourner vers ces options pour goûter ne serait-ce qu’un peu à la cordillère de Talamanca.
On retrouve des réserves privées chez les partenaires du Réseau (certaines allant jusqu'à près de 3 500 mètres d'altitude, permettant de découvrir le páramo).
Bien loin des plages de sable blanc, pourquoi ne pas goûter aux montagnes costariciennes… au risque d’y prendre goût ! Et bien évidemment, l’équipe se tient à disposition pour vous donner une tonne d’infos lors du traditionnel briefing ToutCostaRica.
De manière générale, une préparation en amont est recommandée : Quelles assurances choisir pour la location du véhicule ? Quels vaccins effectuer avant de partir ? Faut-il amener des adaptateurs ?
Un dernier point à ne pas négliger est de prévoir un budget adapté à votre style de voyage (hébergement, location de voiture, activités et repas) permet de profiter pleinement de votre séjour sans mauvaise surprise.
Mis à jour le 17/08/2026